Qu'est-ce que l'aménorrhée ou l'absence de règles ?

October 22, 2020 par Nikita

A partir de la puberté et jusqu’au début de la ménopause, il est naturel et normal que les femmes aient leurs règles. Pourtant, certaines d’entre nous présentent ce que l’on appelle une aménorrhée, c’est à dire qu’elles n’ont pas de pertes sanguines. Soit leurs règles n’apparaissent jamais, soit elles disparaissent avec le temps. On vous explique les causes possibles de cette absence de règles et surtout pourquoi il est important de s’en préoccuper. 

C’est quoi l’aménorrhée ? 

On parle d’aménorrhée lorsqu’une femme en âge d’être réglée ne présente pas d’écoulement menstruel. On distingue deux types d’aménorrhée :

- L’aménorrhée primaire. Elle désigne l’absence de premières menstruations chez une jeune fille de 16 ans. Parfois, la puberté est terminée ou presque : la poitrine est formée, les poils sur le pubis ont poussés, mais les règles ne viennent pas.   

- L’aménorrhée secondaire. On parle d’ aménorrhée secondaire lorsqu’une femme qui a déjà été menstruée cesse d’avoir ses règles. 

L’aménorrhée, un symptôme à ne pas prendre à la légère

Sur le papier, ne pas avoir ses règles c’est plutôt sympa. On esquive les maux de ventre, la ficelle du tampon qui dépasse à la piscine, les tâches de sang sur le pantalon blanc, les sautes d’humeur et autres désagréments. En plus économiquement c’est rentable, plus besoin d’acheter de protections hygiéniques. Sauf que les règles sont un phénomène naturel qui font partie intégrante de notre vie de femme. L’aménorrhée est un dysfonctionnement qui peut être le symptôme de pathologies plus graves. Ne pas avoir ses règles ce n’est pas normal, sauf bien sûr si on est enceinte ou ménopausée. En cas d’aménorrhée primaire ou d’interruption des règles pendant plus de 4 mois, il est important d’aller consulter un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. 

Les causes de l’aménorrhée primaire

Les raisons pour lesquelles une jeune fille de 16 ans peut présenter une absence de règles peuvent être multiples. Il peut s’agir de dysfonctionnements physiques ou psychologiques. Voici les causes les plus fréquentes d’aménorrhée primaire :

- un retard pubertaire. Il s’agit du cas le plus commun. Le corps de la jeune fille est tout simplement en retard, il va effectuer sa croissance et sa puberté plus tardivement que les autres. Les règles finiront par arriver naturellement. 

- une malformation de l’utérus ou du vagin. Il est possible de déceler ce type d’anomalies grâce à un examen clinique ou une échographie. Une chirurgie est parfois nécessaire pour traiter cette malformation. 

- une anomalie génétique. Certaines jeunes filles possèdent également des caractéristiques génétiques masculines. Elle ont un taux de testostérone très élevé qui bloque l’arrivée des menstruations. 

- la tuberculose génitale. Cette maladie se manifeste par une destruction de l’endomètre, cette muqueuse qui tapisse l’utérus et qui est évacuée pendant les règles. Sans endomètre, pas de menstruation car il n’y a rien à évacuer. On traite la tuberculose génitale grâce à un traitement antibiotique dédié.

- un entrainement sportif trop intensif. D’après cette étude américaine parue dans la revue « la lettre du gynécologue », plus le volume et l’intensité des entraînements sont conséquents chez une jeune athlète, plus elle risque de developper une aménorrhée. Par exemple, 90 % des gymnastes de moins de 18 ans évoluant en compétition internationale ont une absence de règles.

- des causes psychologiques. Un traumatisme, un stress intense ou certaines pathologies psychologiques comme la dépression ou  l’anorexie mentale peuvent être à l’origine d’une aménorrhée. 

Les causes de l’aménorrhée secondaire

Tout comme pour l’aménorrhée primaire, les causes pouvant conduire à une aménorrhée secondaire sont multiples. Voici les raisons principales entrainant une interruption du flux menstruel :

- une grossesse. La première chose à faire lorsque l’on constate une absence soudaine de règles est de faire un test de grossesse, même si vous prenez une contraception.

- l’arrivée de la ménopause. A l’approche de la ménopause, la production d’oestrogènes diminue peu à peu. Les menstruations deviennent de plus en plus irrégulières avant de disparaître complètement. 

- la prise ou l’arrêt d’une contraception. La pilule, l’implant ou le stérilet peuvent avoir un effet différent sur le corps de chaque femme. Parfois la prise ou l’arrêt de ces contraceptions bouleversent les cycles féminins et conduisent à un arrêt des règles, sans gravité.

- La prise de certains médicaments comme les corticoïdes, les antidépresseurs ou de la chimiothérapie peut entrainer une aménorrhée passagère ou définitive. 

- Une sécrétion excessive de prolactine. Cette hormone qui  favorise la lactation et la croissance de la glande mammaire peut causer une aménorrhée lorsqu’elle est produite en excès par le cerveau.

- le stress. Un coup de stress intense ou une anxiété durable peuvent impacter le corps au point de stopper les saignements menstruels. 

Les traitements de l’aménorrhée

Parfois la nature fait bien les choses et le problème va se régler de lui-même au bout de quelques semaines ou de quelques mois. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas. En fonction des causes de votre aménorrhée, les médecins pourront alors vous proposer différentes options :

- un traitement hormonal. Certains médicaments permettent de déclencher artificiellement les règles. Cette option est souvent utilisée pour traiter les aménorrhées primaires. D’autres traitements hormonaux sont également très efficaces pour réguler la sécrétion de prolactine parfois cause de l’interruption des règles. 

- la chirurgie. Il s’agit de corriger la malformation anatomique qui cause l’absence de règles grâce à une opération chirurgicale.  Cette solution fonctionne très bien pour les déformations de l’utérus et du vagin. 

- la psychothérapie. Lorsque l’aménorrhée est causée par un traumatisme psychologique ( viol, deuil..), des troubles psychiques ou une maladie mentale, la psychothérapie apparaît comme la solution de référence. Au fil des séances, les blocages psychologiques à l’origine de l’interruption des règles devraient se dissiper et les saignements devraient reprendre progressivement. 

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