Les douleurs de règles : une fatalité ?

January 22, 2020 par Nikita

Si pour certaines femmes, la période des règles passe comme une lettre à la poste, pour d’autres, elle est une épreuve douloureuse chaque mois redoutée. Elles supportent en silence, souvent résignées. « C’est de famille », « cela fait partie de la vie d’une femme », « tu n’es pas la seule, tu t’habitueras, cela passera en vieillissant ». Mais est-il « normal » d’avoir des règles douloureuses ? Et à quoi sont-elles dues ?

« Quelques jours avant, je ressens comme des crampes dans le bas du ventre, qui irradient dans le dos. Je suis fatiguée, j’ai la nausée, mal à la tête et forcément je ne suis pas d’une humeur très agréable », explique Aurélie, 28 ans. Ces maux précèdent dans son cas l'arrivée des règles, c’est ce qu’on appelle le syndrome prémenstruel. Mais les douleurs se manifestent aussi les premiers jours des saignements (on parle alors de dysménorrhée). Les symptômes varient d'une femme à l'autre, certaines ne ressentent absolument rien.

Quelles sont les causes ?

Tous les mois, l’utérus se prépare à accueillir un ovule fécondé. Sous l’influence des hormones, l’endomètre (la muqueuse utérine) s’épaissit et se gorge de sang pour permettre à l’œuf éventuel de s’accrocher. Si la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde n’a pas lieu, la couche superficielle de l’endomètre doit être éliminée. Les muscles de l’utérus se contractent alors de façon involontaire, et plus ou moins intensément, pour évacuer le sang et les fragments de cette muqueuse qui se désagrège. Ce sont les règles. Elles durent généralement de 3 à 8 jours. Et ce sont ces contractions qui provoquent des douleurs plus ou moins intenses. 

« Avant mes règles je suis KO, je ressens des baisses de tension, j’ai des migraines et des insomnies. Le premier jour de mes règles, les douleurs arrivent une ou deux heures après les saignements, j’ai tellement mal que je n’arrive pas à rester assise, je suis obligée de m’allonger, la douleur est intolérable, il m’arrive même de vomir tellement c’est douloureux. Ce sont comme des milliers d’aiguilles chauffées à blanc qui me transpercent et me brûlent, avec un pic de douleur toutes les 10 min qui me tord le ventre, comme si j’avais reçu un coup de ballon dans le bas du dos. Les trois premiers jours cela s’accompagne d’un sentiment de déprime totale, je suis démotivée et je pleure pour un rien », détaille Ornella, 32 ans. Dans son cas, seuls les médicaments anti-inflammatoires sont efficaces pour la soulager, précise-t-elle. 

Souffrir le martyr à cause des règles n’est pas normal !

Quand les douleurs de règles deviennent difficilement supportables, qu’elles interfèrent avec les activités quotidiennes et qu’un simple antalgique type paracétamol ne suffit plus à les soulager, il faut explorer d’autres causes, car il peut y avoir un trouble gynécologique sous-jacent : une infection, des polypes, des fibromes ou une endométriose, par exemple. Cette maladie chronique et récidivante, responsable d’infertilité dans 30 à 50 % des cas, toucherait une femme sur dix en âge de procréer. Des cellules se développent en dehors de l’endomètre et forment un tissu anarchique qui provoque des adhérences et des lésions, pouvant même atteindre d’autres organes environnants (ovaires, côlon, rectum, vessie…). Les règles douloureuses en sont le principal symptôme. Aujourd’hui mieux diagnostiquée grâce aux progrès des IRM et mieux soignée, l’endométriose peut être contrôlée et les douleurs traitées. 

Quand faut-il consulter ?

Dans tous les cas donc, dès l’adolescence, s’il y a trop de souffrance au moment des règles, il faut prendre cela très au sérieux, une consultation médicale s’impose. Les règles font partie intégrante de la vie d’une femme, mais ce rendez-vous mensuel, qu’on ne voit pas arriver avec grand plaisir (avouons-le) ne doit néanmoins pas tourner au calvaire.

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