Dyspareunie / douleurs pendant les rapports : tout savoir

February 10, 2021 par Nikita

Faire l’amour est censé nous procurer du plaisir, pourtant de nombreuses femmes souffrent de façon régulière ou occasionnelle de dyspareunie, c’est-à-dire de douleurs lors des rapports sexuels. Quelles en sont les causes ? Comment en venir à bout ? On vous explique tout sur ces douleurs qui peuvent gâcher votre vie sexuelle.

C’est quoi la dyspareunie ? 

La dyspareunie est le terme médical utilisé pour désigner les douleurs qui surviennent au cours des rapports sexuels. Si elles sont généralement liées à l'acte de pénétration (par un pénis, un doigt ou encore un sex-toy), elles peuvent aussi apparaître lors de relations sexuelles impliquant la stimulation des parties génitales externes comme le gland du clitoris ou les lèvres de la vulve

Qui est concerné ? 

Selon une étude britannique parue en 2012 dans le BJOG, le journal international des soins obstétriques et gynécologiques, 7,5 % des femmes souffrent de douleurs pendant les rapports sexuels. Un chiffre qui pourrait être largement en dessous de la réalité car le sujet est encore souvent tabou et beaucoup de femmes n’osent pas en parler. La dyspareunie touche indifféremment les jeunes femmes comme les femmes ménopausées, celles qui ont une vie sexuelle active tout comme celles ayant des rapports très occasionnels. 

Différentes dyspareunies 

Les médecins distinguent deux types de dyspareunie :

- Les dyspareunies superficielles. Aussi connues sous le nom de dyspareunies d’intromission, elles se caractérisent par des douleurs qui apparaissent avant même la pénétration, lors des préliminaires, des caresses sur les lèvres ou le clitoris, ou bien au tout début de la pénétration lorsque le pénis, les doigts ou le sextoy ne sont qu’à l’entrée de l’orifice vaginal.

- Les dyspareunies profondes. Les douleurs se manifestent pendant la pénétration, lorsque le pénis ou le sex-toy atteint le fond du vagin. La douleur irradie alors dans le pelvis et le plancher pelvien, c’est-à-dire la partie basse du ventre et parfois jusqu’au rectum.

Les causes physiques de la dyspareunie

Voici les causes physiques les plus communes pouvant expliquer les douleurs lors de rapports sexuels :

L'endométriose.

Cette maladie gynécologique qui se caractérise par la présence de lésions à l’intérieur du vagin, dans l’utérus ou sur la cloison rectale, est souvent responsable d'une dyspareunie profonde. Au cours de la pénétration, le pénis ou le sextoy peut venir appuyer sur ces lésions et créer de vives douleurs.

Une infection sexuellement transmissible.

Certaines maladies et infections sexuellement transmissibles comme la chlamydia, les trichomonas ou la gonorrhée peuvent occasionner de fortes douleurs dans le bas ventre lors des rapports sexuels. N'hésitez pas à faire des dépistages réguliers et à vous protéger avec un préservatif (entre autres) pour une activité sexuelle en toute sécurité

Un utérus rétroversé.

On estime qu’environ 25% des françaises ont un utérus rétroversé, c’est-à-dire orienté vers l’arrière et non vers l’avant. Cette particularité anatomique peut causer une dyspareunie profonde lors de la pénétration si le pénis ou le sextoy entre en contact avec le fond du vagin et appuie sur l’utérus.

La sécheresse vaginale.

Un défaut de lubrification peut entraîner une dyspareunie superficielle tout comme profonde rendant les caresses, les frottements et la pénétration douloureuse. La sécheresse vaginale peut être liée à un dérèglement de la flore vaginale. Par exemple, les douches vaginales régulières peuvent totalement perturber l'équilibre de votre flore.

Un manque de libido.

L’absence de désir est l’une des causes les plus fréquentes de dyspareunie. Sans excitation sexuelle, le clitoris ne gonfle pas et le corps ne secrète pas de cyprine, ce qui rend les rapports sexuels inconfortables et douloureux. Le consentement et l'envie sont à la base de toute relation sexuelle épanouie

La grossesse ou des séquelles suite à un accouchement.

La grossesse peut entraîner des douleurs pendant les rapports sexuels (comme elle peut aussi les faire disparaître si vous en souffriez avant, notamment si vous êtes concernées par l'endométriose).

Après la mise au monde d’un enfant par voie basse, il peut subsister des lésions au niveau du vagin, du col utérin et de l’utérus. Si vous avez subi une épisiotomie, il se peut également que la cicatrice soit sensible pendant un long moment. Tout cela peut occasionner des douleurs superficielles ou profondes. 

Une sensibilité extrême du clitoris.

Certaines femmes présentent ce que l’on appelle une hypersensibilité du clitoris, pouvant rendre la moindre caresse désagréable. 

Une mycose vaginale ou un herpès génital.

Ces maladies peuvent faire enfler les lèvres et le clitoris, rendant douloureux le moindre contact physique. La mycose vulvaire a la particularité de rendre les lèvres rouges et gonflées : la pénétration devient difficile sans douleur. Si vous avez une mycose vulvo-vaginale, vous ressentirez aussi des douleurs pendant les va-et-vient de votre partenaire sexuel. 

Des infections vaginales comme la vaginite ou la vaginose

La vulvo-vaginite est une inflammation de la vulve et/ou du vagin qui provient d’un déséquilibre de la flore vaginale normale, composée en majeure partie de lactobacilles. Elle est souvent identifiable par des écoulements vaginaux anormaux. Elle peut être due à une vaginose (multiplication de germes comme le Gardnerella vaginalis) ou à une candidose (l'autre petit nom sympathique des mycoses causées par le microchampignon candida albicans).

Les causes psychologiques de la dyspareunie

Les douleurs lors des rapports sexuels peuvent aussi avoir une origine psychologique. Il peut s’agir par exemple :

- des conséquences d’un viol ou d’une expérience sexuelle traumatisante.

- du stress et de l’anxiété. Certaines femmes se mettent la pression avant un rapport sexuel et ne parviennent pas à se détendre ce qui peut causer un blocage physique. 

- des difficultés dans le couple qui peuvent entraîner un manque d’excitation et donc une sécheresse vaginale. 

- des conséquences d’un manque d’estime de soi. Les complexes et le dégoût de soi peuvent conduire à une dyspareunie superficielle ou profonde. 

- de la peur d’avoir mal. Si vous avez déjà eu mal en faisant l’amour cela peut générer une appréhension  de l’acte sexuel. Incapable de vous détendre, vous allez accentuer encore plus les douleurs.. C’est un cercle vicieux.  

- du vaginisme : le vaginisme est intimement lié aux causes psychologiques qui sont susmentionnées. Le vaginisme correspond à une contraction involontaire des muscles du périnée pour empêcher de manière inconsciente tout acte de pénétration. Si vous avez rencontré des difficultés lors d'une visite chez le gynécologue (pour un frottis par exemple où le spéculum ne rentrait pas) ou même pour insérer un tampon sans douleur, vous souffrez peut-être de vaginisme. 

Le diagnostic de la dyspareunie

Si vous avez des rapports sexuels douloureux ou que la pénétration est impossible sans avoir mal, alors n'hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou votre gynécologue. Des examens médicaux en laboratoire (échos, prélèvements vaginaux...) vous seront prescrits pour identifier la cause et donc déterminer le meilleur traitement pour règler vos problèmes de douleurs pendant le sexe. 

Quelles solutions pour traiter la dyspareunie ? 

Le traitement d’une dyspareunie dépend de son origine.

Si les causes sont essentiellement psychologiques, il peut être intéressant de :

- suivre une psychothérapie ou des séances de sexologie afin de lever les blocages psychiques, d’améliorer son estime de soi ou de résoudre ses problèmes de couple. Le sexologue ou le sexothérapeuthe pourra vous accompagner sur le long-terme, notamment s'il s'agit d'une peur panique ou d'une phobie de la pénétration (comme dans le cas du vaginisme).

- d’adopter une sexualité basée sur les caresses et la sensualité plutôt que sur l’acte de pénétration. 

- de découvrir votre corps seule et en douceur grâce à la masturbation avec ou sans sextoy.

Si la dyspareunie est la conséquence d’un dysfonctionnement physique, différentes solutions peuvent être envisagées :

- des traitements médicamenteux pour soigner les infections sexuellement transmissibles ou les maladies gynécologiques.

- un traitement hormonal à base d'oestrogènes pour assouplir les parois vaginales et favoriser la lubrification

- un suivi par des professionnels de santé comme les kinésithérapeuthes (rééducation périnéale), les ostéopathes

- une opération chirurgicale notamment pour enlever les lésions d’endométriose.

- l’utilisation de crèmes intimes et de lubrifiants pour pallier aux problèmes de sécheresse vaginale et faciliter la pénétration.

- une période d’abstinence sexuelle pour laisser au corps le temps de se reposer après un accouchement.

- l’abandon de certaines positions sexuelles. Chez les femmes ayant un utérus rétroversé, la levrette peut être très douloureuse. A noter, qu’il existe désormais des anneaux en silicone que l’on peut mettre à la base du pénis et qui permettent de limiter la profondeur de la pénétration.  

- du côté traitement naturel, l'homéopathie et la naturopathie peuvent soulager (mais pas traiter les causes physiques sous-jacentes de la dyspareunie). Les granules de Natrum muriaticum 9 CH et de Sepia 9 CH peuvent aider. Pour la lubrification des muqueuses vaginales, Alumina 9 CH peut être envisagé.

Photo by Emma Dau on Unsplash