Pourquoi j’ai (encore) une mycose vaginale ?

May 11, 2020 par Nikita

Le vagin qui démange, la vulve rouge et gonflée, des pertes blanches abondantes et grumeleuses… Si vous présentez certains de ces symptômes, vous avez sûrement contracté une mycose vulvo-vaginale. On se calme, c’est très courant, et ça se soigne. 75 % des femmes y sont même confrontées au cours de leur vie. Ici, on vous explique d’où viennent les mycoses vaginales, et comment s’en débarrasser.

Les différents types de mycoses

La mycose est une infection de la muqueuse vaginale. Elle est également connue sous le nom de candidose vaginale (en raison du champignon candida albicans qui la provoque). 

Il existe 2 types de mycoses génitales féminines : 

  1. La mycose vaginale qui touche exclusivement le vagin 
  2. La mycose vulvovaginale qui correspond à une mycose vaginale couplée à une mycose vulvaire. Le vagin et la vulve sont atteints par l’infection dûe au candida albicans.

Quels sont les symptômes de la mycose vulvaire et de la mycose vaginale ?

Les symptômes de la mycose vaginale et vulvaires sont plus ou moins les mêmes : 

  • Des démangeaisons vaginales ou vulvaires voire des brûlures dues aux irritations causées par le champignon. Votre vulve et/ou l’entrée de votre vagin vous gratte et cela vous brûle lorsque vous urinez.
  • Des rougeurs au niveau de vos organes génitaux : la vulve, les lèvres sont gonflées et rouges. Des oedèmes sont parfois visibles. 
  • Des douleurs : outre les sensations de brûlure lors de la miction (quand vous faites pipi), vous ressentez un inconfort généralisé et parfois des douleurs pendant vos rapports sexuels (dyspareunie)
  • Des pertes vaginales anormales : blanches, abondantes, épaisses et qui peuvent être odorantes

Causes : qu'est-ce qui provoque une mycose ?

Le responsable des mycoses est un champignon microscopique (ou plutôt des champignons microscopiques) au nom latin, le candida albicans. En temps normal, le vagin est rempli d’un ensemble de « gentilles » bactéries, les bacilles de Döderlein. Naturellement présentes dans notre organisme, elles sont essentielles car elles assurent notre protection contre les infections. En rendant notre vagin légèrement acide, elles créent un milieu peu propice au développement d’agents infectieux. Ces bonnes bactéries constituent ce que l’on appelle la flore vaginale. « Lorsque cette flore vaginale est déséquilibrée, le candida albicans peut se développer. Cela entraîne alors l’apparition d’une infection. C’est la mycose» explique la gynécologue Monika Hermann.

La prolifération de ce champignon est donc causée par une diminution des bacilles de Döderlein. Devenues trop peu nombreuses, elles ne peuvent plus lutter efficacement contre les infections. L’une des raisons pouvant expliquer cette baisse subite de bonnes bactéries est la prise d’antiobiotiques. Pour Monika Hermann « Les antibiotiques ne font pas la différence entre les bactéries responsables des infections et celles qui protègent notre organisme. Les bacilles de Döderlein peuvent donc être les victimes collatérales de ce type de traitement». Pas question toutefois de renoncer à se soigner pour éviter une mycose. Il existe une solution naturelle et souvent très efficace qui permet d’augmenter le nombre de bacilles de Döderlein et ainsi de redonner de l’acidité au vagin, il s’agit des probiotiques. «Il s’agit tout simplement d’un mélange de bactéries bénéfiques. Ça se présente sous forme de comprimés à prendre par voie orale ou bien sous forme d’ovule à insérer directement dans le vagin.» explique la gynécologue.

Comment se transmet une mycose ?

Les changements hormonaux qui interviennent pendant les règles, pendant la grossesse, au moment de la ménopause ou encore l’utilisation de certains contraceptifs comme le stérilet sont aussi propices à un dérèglement de la flore vaginale. « La chute du taux d’oestrogènes, fait augmenter le PH du vagin qui devient moins acide et donc plus favorable au développement du candida albicans». L’utilisation de tampons ou de serviettes hygiéniques contenant des produits chimiques et des parfums peut aussi être délétère pour les flore vaginale. « Il vaut mieux privilégier des protections hygiéniques en coton naturel et non blanchies au chlore et surtout en changer très régulièrement. Cela évite que les germes stagnent et prolifèrent » recommande le Dr Hermann. Autre conseil, privilégiez les sous-vêtements en coton et les pantalons amples. «Les frottements augmentent le risque de mycose. Il est de loin préférable de porter une culotte en coton avec un pantalon large, qu’un string en lycra avec un jean serré» explique la gynécologue. Il est déconseillé d’avoir des rapports sexuels pendant une mycose ou pendant la durée de son traitement (5 à 7 jours). 

Les mycoses ne sont pas une maladie sexuellement transmissible (MST) ni une infection sexuellement transmissible (IST). Toutefois les frottements répétés lors des rapports sexuels et le transfert naturel de bactéries de l’anus (flore digestive et intestinale) vers la flore délicate du vagin peuvent abîmer la flore vaginale et entrainer un développement du candida albicans. C’est pourquoi, certains médecins prescrivent aux femmes présentant des mycoses récidivantes une crème préventive à appliquer après chaque rapport.

Comment traiter une mycose ?

Est-ce qu’il faut se laver davantage pour éviter les mycoses ? Non, au contraire. Le vagin est un organe auto-nettoyant qui a la capacité naturelle d’expulser les saletés. Il ne faut donc en aucun cas chercher à le décaper avec du gel douche ou du savon. Pour le Dr Hermann, « ces produits ont bien souvent un PH qui n’est pas compatible avec celui du vagin. Pour éviter les mycoses il vaut donc mieux utiliser un produit réservé à l’hygiène intime avec un PH acide et se contenter de nettoyer la vulve ». Évitez donc également de diriger le jet d’eau à l’intérieur du vagin. Les douches vaginales sont une très mauvaise idée si vous êtes sujette aux mycoses.

Le traitement classique des mycoses est simple : il se fait généralement grâce à des ovules antifongiques (généralement à base d’éconazole) à insérer dans le vagin, et une crème à appliquer en traitement local sur la vulve est généralement prescrite en complément, afin de soulager les démangeaisons. Un pharmacien vous les délivrera sans ordonnance. Il est aussi conseillé de traiter votre partenaire sexuel pour éviter les récidives. 

Si votre mycose vaginale persiste, il est conseillé de faire un prélèvement vaginal pour identifier les bactéries à l’origine de cette dernière et adapter le traitement antibiotique en conséquence (ovules vaginaux, crèmes). En effet, il pourrait s’agir d’une vaginose, d’un herpès vaginal, d’IST (chlamydia, trichomonas) ou encore d’une cystite.

Prévention des mycoses récidivantes et facteurs favorisants 

Cet article de Futura Sciences détaille bien les bons gestes à adopter pour éviter le développement ou la réactivation ou récidive d’une mycose mal soignée.

Pour éviter les mycoses récidivantes, il est conseillé de :

  • porter des sous-vêtements en coton (plutôt que du synthétique) et les laver à haute température
  • s’essuyer d’avant en arrière (du vagin vers l’anus)
  • se protéger lors de rapports sexuels en cas de mycose avec un préservatif 
  • une toilette intime de votre vulve (et non de votre vagin) avec un gel lavant doux au Ph adapté une fois par jour et après chaque rapport sexuel si possible
  • éviter la chaleur et l’humidité (piscine, bain, jacuzzi) qui font macérer les bactéries et bien se sécher
  • éviter les vêtements serrés 
  • choisir une contraception faiblement dosée en oestrogènes 
  • faire attention à ne pas avoir une alimentation trop riche en glucides
  • la prise de probiotiques vaginaux et pour la flore intestinale en prévention

Photo by Hanna Postova on Unsplash