Oh non… J’ai une mycose.

May 11, 2020 par Nikita

Le vagin qui démange, la vulve rouge et gonflée, des pertes blanches abondantes et grumeleuses… Si vous présentez certains de ces symptôme, vous avez sûrement contracté une mycose. On se calme, c’est très courant, et ça se soigne. 75 % des femmes y sont même confrontées au cours de leur vie. Ici, on vous explique d’où viennent les mycoses, et comment s’en débarrasser.

Qu'est-ce qui provoque une mycose ?

Le responsable des mycoses est un champignon microscopique au nom latin, le candida albicans. En temps normal, le vagin est rempli d’un ensemble de « gentilles » bactéries, les bacilles de Döderlein. Naturellement présentes dans notre organisme, elles sont essentielles car elles assurent notre protection contre les infections. En rendant notre vagin légèrement acide, elles créent un milieu peu propice au développement d’agents infectieux. Ces bonnes bactéries constituent ce que l’on appelle la flore vaginale. « Lorsque cette flore vaginale est déséquilibrée, le candida albicans peut se développer. Cela entraine alors l’apparition d’une infection. C’est la mycose» explique la gynécologue Monika Hermann.

La prolifération de ce champignon est donc causée par une diminution des bacilles de Döderlein. Devenues trop peu nombreuses, elles ne peuvent plus lutter efficacement contre les infections. L’une des raisons pouvant expliquer cette baisse subite de bonnes bactéries est la prise d’un traitement antibiotique. Pour Monika Hermann « Les antibiotiques ne font pas la différence entre les bactéries responsables des infections et celles qui protègent notre organisme. Les bacilles de Döderlein peuvent donc être les victimes collatérales de ce type de traitement». Pas question toutefois de renoncer à se soigner pour éviter une mycose. Il existe une solution naturelle et souvent très efficace qui permet d’augmenter le nombre de bacilles de Döderlein et ainsi de redonner de l’acidité au vagin, il s’agit des probiotiques. «Il s’agit tout simplement d’un mélange de bactéries bénéfiques. Ça se présente sous forme de comprimés à prendre par voie orale ou bien sous forme d’ovule à insérer directement dans le vagin.» explique la gynécologue.

Comment se transmet une mycose ?

Les changements hormonaux qui interviennent pendant les règles, pendant la grossesse et au moment de la ménopause sont aussi propices à un dérèglement de la flore vaginale. « La chute du taux d’oestrogènes, fait augmenter le PH du vagin qui devient moins acide et donc plus favorable au développement du candida albicans». L’utilisation de tampons ou de serviettes hygiéniques contenant des produits chimiques et des parfums peut aussi être délétère pour les flore vaginale. « Il vaut mieux privilégier des protections hygiéniques en coton naturel et non blanchies au chlore et surtout en changer très régulièrement. Cela évite que les germes stagnent et prolifèrent » recommande le Dr Hermann. Autre conseil, privilégiez les sous-vêtements en coton et les pantalons amples. «Les frottements augmentent le risque de mycose. Il est de loin préférable de porter une culotte en coton avec un pantalon large, qu’un string en lycra avec un jean serré» explique la gynécologue.

Les mycoses ne sont pas une maladie sexuellement transmissible. Toutefois les frottements répétés lors des rapports sexuels peuvent abîmer la flore vaginale et entrainer un développement du candida albicans. C’est pourquoi, certains médecins prescrivent aux femmes présentant des mycoses récidivantes une crème préventive à appliquer après chaque rapport.

Comment luter contre une mycose ?

Est-ce qu’il faut se laver davantage pour éviter les mycoses ? Non, au contraire. Le vagin est un organe auto-nettoyant qui a la capacité naturelle d’expulser les saletés. Il ne faut donc en aucun cas chercher à le décaper avec du gel douche ou du savon. Pour le Dr Hermann, « ces produits ont bien souvent un PH qui n’est pas compatible avec celui du vagin. Pour éviter les mycoses il vaut donc mieux utiliser un produit réservé à l’hygiène intime avec un PH acide et se contenter de nettoyer la vulve ». Evitez donc également de diriger le jet d’eau à l’intérieur du vagin.

Le traitement classique des mycoses est simple : il se fait généralement grâce à des ovules anti-fongiques à insérer dans le vagin, et une crème à appliquer sur la vulve est généralement prescrite en complément, afin de soulager les démangeaisons.

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