Tout savoir sur les tampons conventionnels

par Soraya

Substances indésirables, manque de transparence des marques, risques potentiels pour la santé et impact environnemental… Les tampons périodiques industriels font, depuis quelques années, l’objet de bien des polémiques qui suscitent de nombreuses interrogations chez des consommatrices. Pour enfin tout savoir sur les tampons conventionnels, on vous détaille leur mode de fabrication, leur composition, et les risques qu’ils présentent pour la santé et pour la planète.

De quoi sont composés les tampons conventionnels ?

Composition des tampons et applicateurs

Les tampons périodiques conventionnels sont principalement composés de viscose ou de cellulose. Ces fibres synthétiques, extraites de la pulpe de bois, sont ensuite blanchies au dioxyde de chlore, pour les purifier et de façon à leur donner la couleur blanche qu’on connaît (à l’origine, les matières premières sont de couleur brune). Mais cet agent blanchissant se révèle très toxique et a tendance à générer des dioxines, des substances très nocives pour la santé et pour l’environnement.

Les tampons conventionnels s’accompagnent parfois d’un applicateur, en carton ou en plastique. Ils sont aussi composés d’un voile en contact avec les muqueuses, conçu en polyéthylène, ou bien en polyéthylène associé à du polypropylène et du polyester, ainsi que d'une cordelette en coton, en polypropylène ou en polyester en fonction des modèles, selon l’étude de 60 millions de consommateurs. Les tampons industriels se déclinent aussi dans différentes tailles et niveaux d’absorption (mini, normal, super), et avec plusieurs modes d’insertion possibles (sans applicateur, avec applicateur en plastique, avec applicateur en carton…).   

Un cadre légal peu contraignant sur la composition des tampons

Le problème, c’est que beaucoup de marques ont tendance à manquer de transparence quant à la composition exacte de leurs produits hygiéniques, tout simplement car il n’existe pas de réglementation en ce sens. Seul le règlement européen sur les cosmétiques exige que les marques mentionnent les composants de leurs produits d'hygiène intime si ces derniers figurent sur la liste des substances allergènes citées dans le règlement.

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail) dévoile dans un rapport que plusieurs produits intimes contiennent des substances chimiques potentiellement nocives telles que du plastique, des dioxines et furanes, des phtalates, du glyphosate et d’autres perturbateurs endocriniens et substances cancérigènes.

Tampons conventionnels : quels risques sanitaires ?

Il n’est donc pas rare de trouver des produits chimiques dans les tampons conventionnels. D’après l’Anses, ces composants ne sont toutefois pas présents en quantité suffisante pour être réellement nocifs pour la santé. 

Mais il n’y a aucun doute sur le fait que ce type de protection contient des substances indésirables qui peuvent s’avérer très nocives à partir d’une certaine quantité : pour des protections internes qui restent plusieurs heures à l’intérieur de notre corps, c’est loin d’être rassurant… 

Par exemple, la dioxine est soupçonnée d’augmenter les risques d’endométriose, mais peut aussi provoquer des dysfonctionnements endocriniens, des problèmes de fertilité et des risques de cancer. Notre article dédié au port de tampons hygiéniques et à l’endométriose creuse le sujet plus en profondeur.

En plus, le parfum, les matières synthétiques et les produits chimiques des tampons périodiques industriels augmentent les risques d’irritations (8 millions de femmes souffrent d’irritations intimes en France !), et de réactions allergiques. Tous ces composants des tampons hygiéniques vendus en grande surface préparent le terrain à un déséquilibre de la flore vaginale, avec infections, mycoses et cystites à la clé. 

Si vous souffrez d’allergies pendant vos règles, consultez notre article « Trouver des protections hygiéniques en cas d’allergies ».

Et le problème n’est pas que sanitaire… Saviez-vous que chaque femme utiliserait, au cours d’une vie, plus de 10 000 protections hygiéniques, et qu’un tampon périodique non bio mettrait plus de 500 ans à se dégrader entièrement ? Alors qu’un tampon bio ne mettrait que quelques mois ou années, et qu’une cup menstruelle en silicone peut être utilisée pendant une période de 5 à 10 ans… Pour des règles zéro-déchet, les tampons conventionnels ne sont donc pas la meilleure option. 

Quelles alternatives aux tampons hygiéniques conventionnels ?

Vous l’aurez compris, les tampons industriels sont loin d’être la meilleure option pour vivre ses règles en toute sérénité ! Mais pas d’inquiétude, il existe plusieurs alternatives saines et respectueuses de votre corps et de l’environnement.

Les nouveaux tampons en coton biologique

C’est le cas des tampons périodiques bio. Tout aussi efficaces et absorbants que les tampons industriels, ils sont généralement composés à 100 % de coton biologique certifié GOTS  (c’est le cas chez jho). 

Les tampons bio jho ne font l’objet d’aucun traitement chimique : plutôt que de les blanchir au chlore, on choisit de purifier les fibres de coton au peroxyde d’hydrogène, un composé naturel et sans danger. Nos tampons bio sont donc dénués de viscose, de parfum, de furanes ou autres substances nocives. 

La coupelle menstruelle en silicone 

En protection interne écolo et saine, vous avez aussi la cup menstruelle. Lavable et réutilisable, elle vous durera plusieurs années. 

Les protections hygiéniques externes biologiques

Et si vous préférez les protections périodiques externes (en contact avec les muqueuses de votre vulve), vous pouvez opter pour la culotte menstruelle en coton bio ou pour la serviette hygiénique bio

SCT et tampons hygiéniques industriels

Par contre, on précise quand même que le Syndrome du Choc Toxique n’a rien à voir avec la composition des tampons. C’est en fait le port prolongé d’une protection interne au vagin (tampon périodique, éponge ou coupe menstruelle), qui serait à l’origine des cas de SCT. Pour vous en prémunir, pensez à bien changer votre tampon toutes les 4 à 6 heures (qu’il soit conventionnel ou bio). Et veillez aussi à bien respecter les précautions basiques de l’hygiène menstruelle (vous laver les mains à l’eau claire et au savon avant et après insertion ou retrait de votre tampon hygiénique). 

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