Tout savoir sur les implants contraceptifs : le guide complet

par Soraya

Vous êtes à la recherche d’une contraception hormonale de longue durée ? L’implant contraceptif, bien qu’utilisé par seulement 4 % des femmes*, est une solution contraceptive aussi pratique qu’efficace. Vous vous interrogez sur son mode d’action, sa pose et son retrait, ses avantages et inconvénients ? Toutes les réponses dans ce guide complet. 

* Source : Baromètre Santé publique

Qu’est-ce qu’un implant contraceptif ?

L’implant contraceptif, c’est un petit bâtonnet fin et souple, en forme de cylindre, d’une taille comparable à celle d’une allumette (4 cm de long et 2mm de diamètre). 

Il s’insère sous la peau, au niveau du haut du bras, et délivre en continu un progestatif de synthèse : l’étonogestrel (contrairement à la pilule combinée ou au patch contraceptif, il ne contient pas d’œstrogènes).

Ce contraceptif agit de 3 façons :

  • Il stoppe l’ovulation ;
  • Il épaissit la glaire cervicale, bloquant le passage des spermatozoïdes ;
  • Il amincit l’endomètre et empêche par conséquent toute éventuelle nidation.

Attention : l’implant contraceptif ne permet pas de se protéger contre les IST (Infections sexuellement transmissibles). Seul un préservatif le permet.

En France, l’implant contraceptif est aujourd’hui commercialisé sous le nom de Nexplanon®.

L’implant contraceptif : avantages et inconvénients

Voici les principaux avantages de l’implant contraceptif : 

  • C’est une contraception continue de longue durée : l’implant peut être gardé jusqu’à 3 ans ;

  • Il est efficace à 99,9 % ;
  • Une fois inséré, vous l’oubliez complètement, vous n’avez pas besoin d’y penser tous les jours comme la pilule ;
  • Sa pose et son retrait sont simples et indolores.

Comme toutes les méthodes de contraception, l’implant présente aussi quelques inconvénients :

  • Il change le cycle menstruel : certaines femmes n’ont plus du tout de règles, d’autres ont des saignements irréguliers, parfois plus longs et parfois plus courts.

→ Bon à savoir : pour se prémunir des petites fuites causées par des règles irrégulières, la culotte menstruelle et le protège-slip bio sont des protections idéales : discrètes, confortables et respectueuses de votre flore intime !

  • Il génère parfois des effets secondaires similaires à ceux causés par la pilule : 
    • maux de tête, 
    • changements d'humeur, 
    • baisse de la libido, 
    • sensibilité mammaire,
    • acné
    • prise de poids, 
    • infections vaginales. 
    • spotting

Sachez aussi que certains médicaments peuvent interagir et atténuer l’efficacité de l’implant (médicaments contre l’épilepsie, contre la tuberculose, antidépresseurs à base de millepertuis, etc.).

Vigilance et recommandations de l’ANSM

Depuis 2019, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) alerte les femmes qui portent un implant Nexplanon® sur les risques d’une migration de l’implant dans les vaisseaux sanguins et le thorax. Cela pourrait en effet causer des lésions neuro-vasculaires sur la zone d’insertion (des fourmillements et un manque de sensibilité dans la main peuvent être des signes avant-coureurs).

L’ANSM encourage donc les femmes à vérifier, 1 à 2 fois par mois, que l’implant est toujours bien positionné à l’endroit d’origine, grâce à une palpation délicate de la zone. Si l’implant semble s’être déplacé, il faudra alors consulter un médecin dès que possible.

Comment se déroule la pose d’un implant contraceptif ?

L’insertion de l’implant contraceptif doit être réalisée par un médecin habilité, un gynécologue ou une sage-femme. 

Le professionnel de santé vérifie tout d’abord vos antécédents médicaux, et écarte toute contre-indication et éventualité de grossesse. 

La pose de l’implant s’effectue sous anesthésie locale. Le praticien insère l’implant sous le derme, au-dessus du pli du coude, à l’aide d’un applicateur stérile, dans le bras gauche si vous êtes droitière et dans le bras droit si vous êtes gauchère. 

C’est ultra-rapide et pas plus douloureux qu’une piqûre. Le médecin vérifie ensuite que le dispositif est bien en place.

L’insertion peut se faire à tout moment du cycle mais elle est généralement réalisée entre le 1er et le 5ème jour. De cette façon, la contraception sera efficace dans les 24 heures qui suivent. 

Le point d’insertion peut être un peu sensible et gonflé pendant les deux jours suivants.

Après la pose de l’implant contraceptif, vous observerez un changement dans vos règles : elles seront plus irrégulières, et peu abondantes. Chez certaines femmes, les menstruations disparaissent complètement.  

On conseille en général de réaliser une visite de contrôle 3 mois après la pose pour vérifier que l’implant est toujours bien en place et n’a pas bougé.

Vous pourrez garder votre implant contraceptif jusqu’à 3 ans avant de devoir le changer.

Si vous souhaitez changer de contraception ou que vous souhaitez tomber enceinte, vous pourrez le faire retirer à tout moment auprès de votre médecin, gynécologue ou sage-femme. Là encore, cela se fait sous anesthésie locale et c’est très rapide.

Pour le retrait, le médecin réalise une petite incision sous-cutanée (ça laisse une toute petite cicatrice de 2 mm à peine visible), et il retire l’implant avec une pince. L’effet contraceptif aura totalement disparu dans les 3 semaines qui suivent environ.

L’implant contraceptif : est-ce fait pour moi ?

L’implant contraceptif est idéal si vous êtes à l’aise avec les contraceptions hormonales mais que vous avez du mal avec la prise régulière de la pilule ou que vous supportez mal le stérilet.

Par contre, on déconseille ce mode de contraception si vous êtes sensible aux effets secondaires des contraceptifs hormonaux (acné, perturbations de l'humeur, prise de poids…). 

Ce moyen de contraception ne sera pas non plus adapté si vous souffrez, ou avez souffert d’un cancer du sein, d’une maladie artérielle ou cardiaque, de saignements vaginaux inexpliqués, de phlébite, d’embolie pulmonaire, d’une maladie grave du foie… 

L’implant contraceptif : prix et remboursement  

L’implant contraceptif Nexplanon® coûte environ 150 € (pour 3 ans). Il est remboursé à hauteur de 65 % par l’Assurance Maladie et il est gratuit pour les mineurs et dans les CPEF (centre de planning familial). 

Photo by Reproductive Health Supplies Coalition on Unsplash