Tout savoir sur l'utérus bicorne

August 1, 2022 par Soraya

L’utérus bicorne est une malformation utérine relativement fréquente, qui touche environ 1 femme sur 3 en France. Définition, symptômes, diagnostics et risques en cas de grossesse : découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’utérus bicorne. 

L’utérus bicorne : définition

L’utérus bicorne (appelé également « utérus bifide » ou « hémi utérus ») est une anomalie congénitale de l’utérus. Si un utérus, classiquement, a la forme d’un triangle, l'utérus bicorne, lui, a la forme d’un “V”.

Quelles sont les causes de l’utérus bicorne ?

La formation de l'utérus, lors du développement de l'embryon, se fait par la soudure de deux conduits (les “cornes”) que l'on appelle “les canaux de Müller”. Ces cornes  fusionnent petit à petit, de bas en haut pour arriver finalement à une fusion totale et former ainsi un utérus. Cette fusion définitive se produit aux alentours de la 14ème semaine de grossesse.

Dans le cas de l'utérus bicorne, cette fusion ne s’est pas faite complètement. 

L'utérus présente alors deux parties séparées en haut.

Cette pathologie peut prendre plusieurs formes :

  • L’utérus peut être « bicorne bicervical » : il y a alors deux cavités utérines. 
  • L’utérus peut être « bicorne unicervical » : il n'y a alors qu’une cavité utérine.

Environ 3 % des femmes seraient concernées par l'une de ses formes d’utérus bicorne.

Il faut savoir qu’un utérus bicorne, de par sa forme en V, est plus petit que la moyenne, ce qui n’a rien de pathologique mais cela aura toutefois des conséquences sur une éventuelle grossesse.

Les complications liées à l'utérus bicorne

Les complications liées à l’utérus bicorne concernent essentiellement la femme enceinte.

S’il n’y a aucun problème pour tomber enceinte, mener la grossesse à terme s'avère plus délicat.

En effet, du fait de la trop petite taille de l’utérus, l’embryon peut avoir du mal à s’implanter et à se développer. Ces complications sont plus importantes lors d’une première grossesse. Les grossesses suivantes se déroulent souvent mieux car l’utérus augmente petit à petit de volume.

Chez la femme habituellement, l'utérus est en forme de poire. Dans le cas d’un utérus bicorne, il est en forme de cœur. En conséquence, le fœtus va grandir dans un espace plus restreint, dans une corne utérine. Par manque de place, le bébé risque alors de naître prématurément.

Les symptômes d’un accouchement prématuré sont des douleurs accompagnées de crampes qui doivent inciter à consulter au plus vite.

Trop à l'étroit, le bébé risque aussi de se présenter par le siège (d’ordinaire, en fin de grossesse, le bébé se retourne pour placer sa tête vers le bas) ou de souffrir d’un retard de croissance.

Dans le cas d’une grossesse chez une femme atteinte d’une malformation d’utérus bicorne, le risque de fausses-couches est aussi beaucoup plus élevé. 

Avec un utérus bicorne bicervical, le risque de fausses-couches est en effet de 42 %. Avec un utérus bicorne unicervical, il va de 28 à 44 %

Les symptômes d’une fausse-couche sont des saignements et des douleurs. Il faut alors consulter rapidement son gynécologue ou se rendre aux urgences.

Quels sont les symptômes de l’utérus bicorne ? 

La plupart du temps, un utérus bicorne ne déclenche aucun symptôme et il est souvent découvert chez certaines femmes lors d’un bilan de fertilité.

Cette malformation utérine peut toutefois générer l'apparition de certains symptômes tels que :

Comment se déroule le diagnostic de l’utérus bicorne ?

C’est en général lors d’une consultation gynécologique de routine que l’utérus bicorne va être découvert chez la patiente. Il est aussi possible de diagnostiquer un utérus bicorne lors de la surveillance de la grossesse, ou bien seulement lors de l’accouchement.

Le diagnostic pourra être confirmé par le médecin ou le gynécologue à l’aide des examens médicaux suivants :

  • Une échographie pelvienne ou endopelvienne, qui permet, grâce aux ultrasons, d'obtenir une image de l'utérus et de dépister les malformations utérines.
  • Une hystéroscopie qui pourra être effectuée afin de déterminer la nature exacte de malformation de l'utérus (utérus cloisonné, utérus didelphe ou utérus bicorne). Cet examen consiste à introduire par le col de l'utérus une sonde très fine munie d’une caméra afin d’examiner l'intérieur de l’utérus (cet examen du col utérin est peu douloureux mais peut s’avérer désagréable).
  • Des examens de l'appareil urinaire et des reins sont faits de façon systématique. En effet, des malformations rénales sont souvent liées à la présence d'un utérus bicorne. 
  • Une hystérosalpingographie : c’est un examen radiologique qui permet d’observer l’utérus (= hystéro) et les trompes de Fallope (= salpingo) grâce à un produit de contraste, opaque, aux rayons X. 
  • Une IRM (Imagerie par résonance magnétique) des organes pelviens. 
  • Une cœlioscopie peut être prescrite pour différencier un utérus bicorne d’un utérus cloisonné. C’est un examen qui permet de visualiser l’intérieur d’un organe à l’aide d’une sonde munie d’une petite caméra reliée à un écran.

L’utérus bicorne : quel traitement ?

L’utérus bicorne ne nécessite aucun traitement. De même, aucune intervention chirurgicale n’est prescrite.

Il existe cependant un traitement chirurgical qui consiste à unifier les deux parties de l'utérus. Cette intervention, qui porte le nom de “chirurgie de Strassmann” semble ne pas être recommandée, en dehors de quelques cas exceptionnels.

S'il ne requiert aucun traitement, l'utérus bicorne va toutefois demander une prise en charge particulière pendant la grossesse, comme dans le cas d'une grossesse à risque, afin d’éviter les risques d’accouchements prématurés.

Un traitement médical pourra être prescrit pour limiter l'apparition de contractions.

Du repos sera également indiqué, avec un arrêt de travail et un suivi médical rigoureux pour éviter toute complication.

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